‘Plus difficiles à dompter que les créatures de la jungle’ : les criminelles victoriennes et édouardiennes, femmes dérangeantes, désobéissantes et défiantes ? (1860-1914)

Apr
27
April 27, 1:30 pm
Where

Maison de la Recherche (Serpente), salle D223, 14h30-16h30.

Séminaire de HDEA avec Alice Bonzom (Université Lyon 2).

Where

Maison de la Recherche (Serpente), salle D223, 14h30-16h30.

Si les femmes ne représentaient qu’une faible part des criminels victoriens et édouardiens, elles n’en étaient pas moins conçues comme particulièrement problématiques. Elles étaient « plus difficiles à dompter que les créatures de la jungle », selon le journaliste F. W. Robinson, dont l’ouvrage de fiction était présenté comme le témoignage réel d’une gardienne de prison. La perception des femmes victoriennes et édouardiennes était irriguée de jugements moraux. Ces normes dessinaient, en creux, la figure d’une femme anormale, une super-déviante : la criminelle dérangée et la détenue dérangeante. Toutefois, ce postulat heuristique, fruit d’une réflexion sur l’histoire des femmes amorcée dans les années 1960, camoufle des théories et des réalités plus nuancées. À travers le prisme de l’histoire d’en bas, la désobéissance de ces déviantes se meut en défiance.

PRAG à l’université Lumière Lyon 2, Alice Bonzom est docteure en civilisation britannique. Sa thèse, soutenue en décembre 2019, s’intéressait aux femmes dans l’univers carcéral londonien. Sa recherche porte plus particulièrement sur les questions de genre et de criminalité, ainsi qu’à l’eugénisme, la déviance, la philanthropie et l’alcoolisme.